Caprylic/Capric Triglyceride

L'émollient le plus répandu et l'ingrédient le plus signalé sur Sezia. Ses acides gras C8 et C10 sont sous la plage exploitée par la malassezia : à éviter par prudence, à tester s'il est seul.

FICHE INGRÉDIENT · ESTER · NIVEAU 2

Caprylic/Capric Triglyceride et malassezia :
l'ingrédient le plus signalé, et le plus discuté

Le triglycéride caprylique/caprique est l'émollient léger le plus répandu de la cosmétique moderne, et l'ingrédient signalé dans 15 % des compositions scannées sur Sezia. Ses acides gras (C8 et C10) sont plus courts que ceux dont la malassezia se nourrit, ce qui le rend moins risqué qu'une huile : Sezia le classe « à éviter » par prudence, pas par certitude.

Par Kevin, fondateur de Sezia · Mis à jour le 10 octobre 2026

Nom INCICaprylic/Capric Triglyceride
Autres nomsTriglycéride caprylique/caprique, huile de coco fractionnée, MCT, CCT
FamilleEsters gras (glycéride)
Verdict SeziaNiveau 2, à éviter par prudence ; à tester s'il est votre seul ingrédient signalé
Fréquence15 % des 715 compositions scannées, premier ingrédient signalé toutes familles confondues
Rôle dans la formuleÉmollient léger, solvant d'actifs, agent de texture
L'essentiel
  • Un triglycéride fabriqué à partir d'huile de coco ou de palme, dont on a gardé les acides gras courts (C8 et C10)
  • Ces chaînes sont en dessous de la plage de 12 à 24 carbones qui soutient la croissance de la levure
  • Les acides caprylique et caprique ont même une activité antimicrobienne documentée sur d'autres levures
  • Malgré cela, c'est l'ingrédient le plus cité dans les témoignages de réactions, et il est partout
  • Sezia le signale par prudence ; si c'est votre seul signalé, testez plutôt que d'exclure

Qu'est-ce que le Caprylic/Capric Triglyceride ?

Un triglycéride, c'est-à-dire trois acides gras attachés à un glycérol, mais fabriqué sur mesure. On part d'une huile de coco ou de palmiste, on sépare les acides gras, on ne garde que les plus courts (acide caprylique C8 et acide caprique C10) et on les ré-attache à un glycérol. Le résultat est une huile très fluide, incolore, inodore, stable à l'oxydation, qui pénètre vite sans film gras. D'où son autre nom, trompeur, d'« huile de coco fractionnée » : il ne reste rien de l'acide laurique ou de l'acide myristique de l'huile de coco entière.

Les formulateurs l'utilisent partout : comme émollient dans les crèmes et les sérums, comme solvant pour dissoudre des actifs liposolubles (rétinol, vitamine E, filtres solaires), comme base d'huiles démaquillantes et de baumes. Il est bon marché, facile à travailler et bien toléré. C'est pour cela qu'il arrive en tête de nos scans.

Pourquoi est-il signalé ?

Par cohérence avec sa famille, et par prudence face aux retours de terrain. La logique de Sezia est simple : la malassezia ne fabrique pas ses acides gras, elle les prélève dans ce qu'on lui apporte, et ses lipases savent couper n'importe quel triglycéride pour libérer les acides gras qu'il contient. Le Caprylic/Capric Triglyceride est un triglycéride : il est donc coupable, en théorie.

Sauf que les acides gras qu'il libère sont en C8 et C10. Les travaux de référence sur Pityrosporum orbiculare montrent que la croissance de la levure est soutenue par des acides gras de 12 à 24 carbones. Les chaînes de 8 et 10 carbones sont en dessous. Mieux : les acides caprylique et caprique ont une activité antimicrobienne documentée contre d'autres levures, l'acide caprique étant le plus rapide à détruire Candida albicans dans une étude de 2001. Rien de tel n'a été démontré pour la malassezia, mais rien ne montre non plus qu'elle en tire profit.

Ce qu'on ne sait pas. Aucune étude n'a mesuré la croissance de la malassezia sur du Caprylic/Capric Triglyceride. Les témoignages de réactions sont nombreux, mais l'ingrédient est présent dans 15 % des produits : il est souvent là quand une réaction survient, ce qui ne prouve pas qu'il la cause. Sezia le classe au niveau 2 pour que vous le voyiez, pas pour que vous l'excluiez d'office.

Ce que montrent les scans

C'est l'ingrédient signalé le plus fréquent de toute la base. Sur 715 compositions scannées entre le 20 septembre et le 10 octobre 2026, 105 en contenaient, soit 15 %. Le suivant, le glyceryl stearate, est à 9 %. Dans la plupart des cas il apparaît dans les cinq premiers ingrédients, ce qui en fait un composant de structure et non une trace.

Conséquence pratique : si vous excluez tous les produits qui en contiennent, vous excluez une crème sur sept. Avant de le faire, il vaut la peine de savoir s'il est réellement votre problème.

Dans quels produits le trouve-t-on ?

Presque tous les types, avec une concentration qui varie beaucoup.

Type de produitPosition habituelleNiveau d'attention
Huile démaquillante, baume démaquillant1er ou 2e ingrédientÉlevé par la dose, modéré par le rinçage
Sérum huileux, « huile sèche »1er ingrédientÉlevé : porté, concentré
Crème visage, fluide3e à 6eModéré : porté, quelques pour cent
Crème solaire3e à 8eModéré
Gel-crème, lotionAprès le 8eFaible
Nettoyant moussantFin de listeFaible : rincé, trace

🔬 Il est dans votre produit ?

Collez la liste INCI. Le scanner vous dit s'il est seul ou accompagné d'autres ingrédients signalés, ce qui change la décision.

Vérifier la composition d'un produit

Que faire si votre produit en contient ?

Regarder d'abord s'il est seul. C'est l'ingrédient pour lequel le test vaut vraiment la peine.

1
Il est accompagné d'une huile, d'un beurre ou d'un acide gras signalé : le produit a d'autres raisons de poser problème. Remplacez-le sans vous attarder sur le CCT.
2
Il est le seul ingrédient signalé, dans un produit rincé : gardez le produit. Le temps de contact est trop court pour que ça compte.
3
Il est le seul signalé, dans une crème portée : testez. Suspendez le produit trois semaines en gardant le reste de la routine identique. Si rien ne change, reprenez-le : il n'était pas le problème.
4
Il est en tête d'une huile ou d'un sérum porté : c'est le cas où la dose est maximale. Remplacez par un émollient sans acide gras, au moins le temps de stabiliser la peau.

Par quoi le remplacer ?

Par un émollient qui donne la même sensation sans aucun acide gras libérable.

RemplaçantNom INCICe que ça change
SqualaneSqualaneToucher très proche, légèrement plus riche, sans acide gras
IsododécaneIsododecanePlus sec, s'évapore ; fréquent dans les fluides et le maquillage
Alcanes végétauxC13-15 Alkane, Coconut AlkanesToucher sec, origine végétale, sans acide gras
DiméthiconeDimethiconeGlissant, film protecteur, inerte pour la levure

Questions fréquentes

QL'huile de coco fractionnée, c'est pareil que l'huile de coco ?
Non. L'huile de coco fractionnée est le Caprylic/Capric Triglyceride : on a retiré les acides laurique et myristique (C12 et C14) qui font la majorité de l'huile de coco entière. L'huile de coco entière est classée avec les huiles, au niveau 3.
QPourquoi tant de gens disent qu'il déclenche des boutons ?
Parce qu'il est dans 15 % des produits. Quand une routine déclenche une poussée, il y a de fortes chances qu'il soit dans la liste, à côté d'autres ingrédients plus suspects. C'est une corrélation très visible, pas une preuve. Le seul moyen de savoir pour vous, c'est le test de suspension décrit plus haut.
QLe Caprylic/Capric/Myristic/Stearic Triglyceride, c'est le même ?
Non, et la différence compte. Cette variante contient en plus des acides myristique (C14) et stéarique (C18), tous deux dans la plage exploitable par la levure. Elle n'a pas la nuance du CCT simple et se traite comme un ester classique.
📚 Sources

Fiche rédigée à des fins informatives. Les boutons, démangeaisons ou plaques persistantes relèvent d'un dermatologue, qui seul peut poser un diagnostic.